Generic selectors
Exact matches only
Search in title
Search in content
Search in posts
Search in pages
TOP
Violences policières

De la sérophobie d’État, pour justifier la violence d’État !

Voilà des mois que les violences policières sont montrées et dénoncées de toutes parts, sauf par « l’État » lui-même. Avec la vidéo du 20 janvier, à l’occasion de la manifestation des gilets jaunes, l’horreur se poursuit et monte d’un cran avec la justification de la violence policière, orchestrée par un syndicat de police et le gouvernement. Le policier aurait frappé le manifestant car il le supposait séropositif. Les crachats, sans doute provoqués par l’écoulement du sang jailli des coups portés par le dépositaire de l’ordre, constituaient aux yeux du policier une menace et une provocation volontaire.

Des photos magistralement dramatiques montrent un policier, au LBD pendant entre ses jambes, poser ses genoux sur le manifestant qui est en posture de défense, les mains devant son visage ensanglanté, afin de prendre appui pour accentuer la puissance de ses coups. La justification de sa violence, invoquée par un syndicat policier, le gouvernement et tristement relayée par les médias, en donne un éclairage nouveau. Cette vision de la violence patriarcale et machiste, qui donne tout pouvoir à l’État et ses extensions, sur celles et ceux qui constituent le peuple, aux attributs supposés étrangement féminins, aux fluides vitaux qui s’écoulent sans mesure, qui ploient sous les coups, ce peuple qui perd son sang.
C’est un imaginaire collectif, installé et propagé par celles et ceux qui nous servent des justifications sur la réduction de nos libertés, jusqu’à celle de circuler librement et de manifester – telle Geneviève Legay, 73 ans, qui n’aurait pas dû manifester, car selon le président de la République, son âge le lui interdisait – qui commande au policier de remettre le manifestant dans le droit chemin, avec la violence nécessaire pour inculquer au peuple qu’il est dangereux de manifester. L’imaginaire de celles et ceux qui justifient l’impossibilité de disposer de son corps non meurtri, au profit de l’éducation par le LBD. Cet imaginaire est violent, machiste, misogyne, homophobe et aujourd’hui ouvertement et de façon décomplexée sérophobe !

Comment le/la citoyen.ne pourrait faire confiance à ce gouvernement qui saccage le système de santé et la fonction publique hospitalière, qui non seulement a délégué aux associations un rôle de santé public qui lui incombe s’agissant de la prévention, du dépistage, de l’accompagnement, de la lutte contre les discriminations, du traitement, du SIDA et des IST ? Aujourd’hui, il est évident que cette violence n’est plus seulement symbolique ou financière, elle est tangible par la discrimination, les coups, le dévoiement de la justice. Par cette justification, la police, le pouvoir, prouve une fois de plus son mépris et son jugement moral rétrograde. Pourquoi un séropositif serait-il plus dangereux qu’un séronégatif ? Comment la justification par la sérophobie pourrait rendre la violence plus acceptable ? Quelle personne aurait envie de se confronter à la morale et au jugement des services publics et des services d’ordre, dans un contexte où le gouvernement cautionne la sérophobie assumée ?

Quand le discours ambiant, organisé par le gouvernement, confond tout pour banaliser la violence réelle et symbolique, peut-être ne nous reste-t-il qu’à prier les sœurs de la perpétuelle indulgence !

Contribution de Mélanie Raphaël-Béthune
Déléguée Nationale à la communication
Les Radicaux de Gauche

Photo de Martin Barzilai, publiée sur twitter.

Please follow and like us:
error
Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial