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Les conclusions du grand débat national, déjà annoncées dans la lettre d’Emmanuel Macron !

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Les conclusions du grand débat national, déjà annoncées dans la lettre d’Emmanuel Macron !

Dans sa lettre aux Français, Emmanuel Macron invite à un grand débat national sur 4 thématiques. Les questions posées par le président orientent le débat sur les impôts des moins riches, sur la réduction des services publics, sur des quotas d’immigration et sur la modification de la loi de 1905 pour instaurer un dialogue entre l’Etat et les cultes. Avant de les examiner plus en détail, un constat s’impose : aucun de ces thèmes n’a été au cœur des débats qui ont animé notre pays ces derniers mois.

La première thématique de « nos impôts, nos dépenses et l’action publique », pose la question fiscale dans un cadre particulièrement étroit, puisqu’il est exclu de revenir sur l’ISF, tout comme il est exclu de mettre les entreprises à contribution. Il n’est pas non plus fait mention de l’évasion fiscale ni de la lutte contre la fraude fiscale. Comment dans ces conditions répondre à la demande de justice fiscale, pourtant au cœur des revendications de ces dernières semaines ? La seule alternative ouverte est donc d’augmenter les impôts de ce ceux qui contribuent déjà ou de tailler dans les services publics. Toute baisse d’impôt entrainant une baisse des services publics, le modèle Français, pourtant présenté comme un modèle dont nous pouvons être fiers en introduction, sera à modifier voire démanteler.
N’essayez pas de poser de questions sur le revenu de base ou l’accès universel au service public, vous vous heurteriez à une fin de non-recevoir.

La seconde thématique sur « l’organisation de l’État et des collectivités publiques » est là pour insister exclusivement sur le coût des services publics et le coût de la démocratie locale, avec une seule arrière-pensée, préparer les esprits à définir ceux qui sont prioritaires et à se passer d’autres comme Pôle Emploi ou de la formation : « L’efficacité de la formation comme des services de l’emploi est souvent critiquée », si l’on en croit cette même lettre.

La troisième thématique, non des moindres est la transition écologique. Le Président nous rappelle son engagement « sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air. », des engagements qui se sont révélés secondaires face aux lobbies tels que la FNSEA lorsqu’il s’est agi de lutter contre les pesticides et le glyphosate. La politique d’Emmanuel Macron est claire et le choix proposé explicite, il ne s’agit pas d’avoir une vision politique environnementale, mais bien de subordonner l’écologie aux enjeux économiques et limiter le débat à la question du financement des mesures à l’apparence écologique. Le message est à peine subliminal, sans augmentation d’impôts sur les classes moyennes et sur les plus pauvres, plus de service public et pas de politique environnementale.

Enfin en dernier lieu, « la démocratie et la citoyenneté », dans laquelle nous retrouvons dans cet ordre, les institutions et les règles électorales, l’immigration et la laïcité.
Les questions du président réactivent cette vielle idée sarkozyste des quotas d’immigration, qui seraient dépendants de l’accueil assuré au titre du devoir d’asile, pourtant garantis par nos engagements internationaux : une politique de droite assumée.

Glissant sans transition vers la laïcité, le président en dévoie le sens, souhaitant que l’Etat renforce ses liens avec les religions. Nous ne pouvons fermer les yeux sur cette trahison de la loi de 1905, qu’il souhaite modifier et vider de son sens. Des attaques à la laïcité qui se répètent, après avoir reçu les représentants des cultes lors des débats de bioéthique, ou plus récemment le 7 janvier, ou encore avoir appelé sur les réseaux sociaux les chrétiens a apporter leur « sagesse » dans le débat démocratique.

Ainsi posé sur des bases biaisées, il est également clair que ce débat n’offrira aucune garantie d’impartialité et de transparence quant à son déroulement. Le gouvernement a dessaisi la Commission Nationale du Débat Public pour l’organisation de celui-ci et nommé à cette tâche deux ministres, Emmanuelle Wargon et Sébastien Lecornu.

Nul doute que le débat courant jusqu’au 15 mars, en ligne ou « dans les villages, les bourgs, les quartiers, à l’initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens… Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales. » ressemblera à s’y méprendre à celui sur les lois de bioéthique. Les questions posées pour la consultation citoyenne pilotée par le Comité Consultatif National d’Ethique s’inscrivaient dans un cadre déjà orientée. Les associations anti-choix (Manif pour tous, Civitas, etc) ont été légitimées pour organiser des débats partout en France et pollué le site de la consultation citoyenne, arrivant à un résultat contraire aux conclusions du jury citoyen et aux résultats constants des sondages de ces dernières années.

Nous appelons à un vrai débat et lien entre les élus et citoyens, mais ce simulacre de débat national qui permet d’annoncer les contours de la politique de droite d’Emmanuel Macron est hélas un signe supplémentaire du mépris voué par le chef de l’État à l’intelligence et à la citoyenneté des Françaises et des Français.

Contribution de Mélanie RAPHAËL-BÉTHUNE,
Secrétaire Générale des Radicaux de Gauche Paris