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Allocution d’Emmanuel Macron… on aurait aimé souscrire aux analyses de “tournant social” mais l’examen des mesures raconte une autre histoire !

Allocution d’Emmanuel Macron… on aurait aimé souscrire aux analyses de “tournant social” mais l’examen des mesures raconte une autre histoire !

Pour le bien du pays, on aurait souhaité être convaincus par l’allocution d’Emmanuel Macron. On aurait aimé pouvoir se dire que le Président avait pris la mesure de la situation. On aurait voulu souscrire aux analyses qui nous vendaient le tournant social du quinquennat…

Malheureusement l’examen détaillé des annonces raconte une toute autre histoire que celle soigneusement mise en scène dans les intonations d’Emmanuel Macron.
La revalorisation du SMIC, l’annonce phare de cette allocution, n’est en fait que la hausse de la prime d’activité déjà annoncée. Et ça change tout : au lieu d’enclencher une revalorisation de tous les bas salaires, dans toutes les branches, on se contente de concéder une prime qui ne sera touchée que par 2 travailleurs au SMIC sur 3, et financée par les contribuables.

Autant pour la demande de justice fiscale et sociale : les entreprises, les contribuables les plus fortunés ne seront pas mis à contribution. La redistribution s’opère entre classes moyennes, salariés modestes et personnes précaires, en partie au détriment de ces dernières. Hier, dans les heures précédant ce grand « tournant social », le Sénat votait, à la demande du Gouvernement, le gel des prestations sociales : APL, allocation adulte handicapé et… prime d’activité ! Concrètement, demain, ces aides destinées aux plus fragiles ne seront plus ajustées à la hausse du coup de la vie, un manque à gagner toujours plus grand pour les personnes bénéficiaires.

Enfin, en recyclant les vieilles mesures de défiscalisation des heures supplémentaires, en revendiquant un changement de posture, en émaillant incongrûment son discours soi-disant social de références à « l’identité » et à une immigration qu’il allait falloir « affronter » (sic) Emmanuel Macron avait hier parfois des faux airs de Sarkozy…

Si un talent oratoire retrouvé et les louanges de certains commentateurs peuvent suffire à apaiser temporairement la colère, nous demeurons profondément inquiets de l’absence de réponse de fond quant à la demande légitime de justice fiscale, condition indispensable au renforcement de notre sécurité sociale, au développement des services publics et à la transformation écologique qui reste plus que jamais d’une brûlante actualité !

Virginie Rozière et Stéphane Saint-André,

co-présidents des Radicaux de Gauche