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Discours de Virginie Rozière, 38ème AG de l’ADMD

Intervention de Virginie Rozière, invitée à s’exprimer lors de la 38ème assemblée générale de l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), le 6 octobre 2018, à Montpellier.

38ème Assemblée générale de l’ADMD

Montpellier, 6 octobre 2018

Merci cher Jean-Luc de me donner l’occasion de m’exprimer pour cette 38ème assemblée générale de l’ADMD. Cette intervention revêt une importance particulière pour moi, d’autant plus importante que, quelques années auparavant, je n’aurais sans doute pas ressenti cette importance. Bien sûr, j’ai toujours été favorable au droit à une fin de vie digne, mais c’était plus par tradition, par habitude, parce que ça fait partie du positionnement historique de ma famille politique…

Comme souvent se sont les rencontres qui changent le cours des choses. Pour moi ce fut la rencontre avec les jeunes de l’ADMD et plus particulièrement avec leurs co-responsables de l’époque, Christophe Michel-Romero et Mélanie Raphaël-Béthune. Vous me permettrez bien sûr, de rendre à nouveau hommage à Christophe, ce militant farouche, cet être lumineux, qui nous manque si cruellement mais qui reste dans nos cœurs. Je voudrais aussi saluer la constance, la détermination et le courage de Mélanie, qui a poursuivi et qui poursuit le combat. Pourtant je sais combien c’est difficile tant les combats partagés avec Christophe étaient importants, le combat pour une fin de vie digne, évidemment, mais aussi le refus de l’homophobie ou de la misogynie ordinaire.

Cette rencontre en 2016, en cette année pré-électorale, où tous deux faisaient la tournée des mouvement politiques, fut déterminante car de nos échanges est née la conviction profonde que cette question de la fin de vie est une question de droit, bien sûr, mais qu’elle est surtout une question d’humanité. Comment supporter la douleur, physique ou psychique, des patients privés de tout recours ? Comment supporter l’impuissance et la détresse des proches, l’angoisse qui peut étreindre chacun de nous à la perspective de se voir privé du droit à disposer de soi et de choisir pour soi ?

En tant que députée européenne, je suis co-présidente de la plate-forme pour la laïcité en politique du Parlement européen. Et je dois vous dire que, autant la France a pu longtemps faire figure de fer de lance de la liberté de conscience en Europe, autant les derniers développements des débats de société en France suscitent l’interrogation de mes collègues belges, hollandais, ou autres…

L’intrusion toujours plus grande des responsables religieux dans le débat public, avec la complaisance des médias et la complicité du gouvernement, et plus encore les mensonges proférés par la ministre de la santé sur le cadre légal en Belgique, à la seule fin de disqualifier l’idée même d’une loi, provoque la sidération – et un certain agacement ! – chez mes collègues députés européens.

Alors je suis en profond désaccord avec ceux qui se réfugient derrière un prétendu débat difficile. Il suffit de cesser de regarder notre nombril français et regarder ailleurs au-delà de nos frontières pour voir que ce qui crée la difficulté, ce qui crée la complication, ce qui crée la souffrance, ce qui crée les dérives, c’est l’absence de cadre légal ! Il est des mensonges que nous ne pouvons accepter et des vérités que nous devons répéter : le droit à une fin de vie digne, le droit au libre choix, est un progrès pour tous. Nous le redisons et nous le redirons encore : nous voulons une loi, une loi de liberté, une loi de dignité, une loi d’humanité !

Virginie Rozière, co-présidente des Radicaux de Gauche, eurodéputée

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